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Le passage à 20 ans : de l'AEEH à l'AAH


L'AEEH ne se prolonge pas au-delà de 20 ans, mais l'allocation aux adultes handicapés (AAH), qui peut prendre le relais, ne s'ouvre jamais automatiquement. Cette page rassemble ce qui change à cet âge charnière : la fin de l'AEEH, la demande à déposer auprès de la MDPH, les critères que la CDAPH examine, et ce qu'un bilan peut apporter à ce moment du parcours.

Pourquoi l'AEEH s'arrête à 20 ans

L'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) est versée jusqu'au mois des 20 ans du jeune, puis elle cesse1. Cette limite d'âge est fixe. Elle ne dépend ni de la situation scolaire du jeune, ni de la poursuite d'un accompagnement médico-social, ni de l'état du dossier MDPH en cours.

L'AEEH et ses compléments ne se transforment pas automatiquement en AAH. Les deux prestations reposent sur des logiques et des dossiers distincts, même si le certificat médical et les évaluations déjà réunies pour la MDPH peuvent être réutilisés pour la nouvelle demande.

Ce qui change entre l'AEEH et l'AAH
Avant 20 ansÀ partir de 20 ans
AllocationAEEH, versée aux parentsAAH, versée directement au jeune
DemandeDossier MDPH initial ou renouvellementNouvelle demande spécifique à l'AAH
Critère centralBesoins de compensation liés au handicapTaux d'incapacité permanente
BasculeSans objetJamais automatique

La demande d'AAH n'est jamais automatique

Contrairement à ce que l'enchaînement des deux prestations pourrait laisser penser, le passage à l'AAH suppose une demande à part entière, déposée auprès de la MDPH du département de résidence1.

C'est l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH, puis la CDAPH, qui étudient l'éligibilité du jeune à l'AAH à partir de ce nouveau dossier. Aucun droit ne se transfère de lui-même entre les deux allocations, même lorsque le handicap reste identique.

Les critères que la CDAPH examine

L'AAH repose d'abord sur un taux d'incapacité permanente, évalué par la CDAPH à partir du certificat médical et des pièces du dossier : un taux d'au moins 80 %, ou un taux compris entre 50 % et 79 % accompagné d'une restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi, reconnue pour une durée d'au moins un an2.

D'autres conditions s'y ajoutent : l'âge, une résidence stable et régulière en France, et des ressources qui ne dépassent pas un plafond. Pour un jeune sortant de l'AEEH, la MDPH tient aussi compte de situations particulières, notamment lorsqu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance, fait l'objet d'un jugement de délaissement parental, ou placé sous tutelle ou curatelle1.

Ces critères sont propres à l'AAH. Ils ne reprennent pas nécessairement ceux qui avaient justifié l'AEEH ou ses compléments, ce qui explique qu'une nouvelle instruction complète du dossier soit nécessaire.

La durée d'attribution varie aussi selon le taux reconnu : de un à dix ans pour un taux d'au moins 80 %, de un à cinq ans pour un taux compris entre 50 % et 79 %. Un renouvellement suppose un nouveau dossier, déposé avant l'échéance2.

Comment se déroule la demande

La demande d'AAH suit le circuit habituel d'un dossier MDPH : un formulaire de demande (Cerfa), un certificat médical de moins de 12 mois, et les pièces justificatives de résidence et de ressources. Le dossier complet est déposé à la MDPH du département de résidence.

L'équipe pluridisciplinaire instruit le dossier et évalue le taux d'incapacité à partir des éléments médicaux fournis. La CDAPH prend ensuite la décision d'attribution, pour une durée déterminée. Une fois la décision notifiée, le versement est assuré par la caisse d'allocations familiales ou la mutualité sociale agricole du lieu de résidence.

Pourquoi déposer la demande avant les 20 ans

Les délais d'instruction d'un dossier MDPH peuvent être longs. Déposer la demande d'AAH plusieurs mois avant les 20 ans du jeune, avant même la fin effective de l'AEEH, permet d'éviter une rupture de versement entre les deux prestations1.

Un dossier déposé tardivement expose à une période sans aucune allocation le temps que la MDPH instruise la demande, alors que les dépenses liées au handicap, elles, ne s'arrêtent pas à cette date. Anticiper permet aussi de reconstituer sereinement les pièces du dossier, en particulier un certificat médical à jour, plutôt que dans l'urgence.

Un changement de statut administratif

Le passage à l'âge adulte s'accompagne aussi d'un changement de statut du jeune vis-à-vis de l'Assurance maladie : il est affilié à titre personnel, et non plus uniquement comme ayant droit de ses parents. Ce changement suit son propre calendrier administratif, distinct de celui de l'AEEH et de l'AAH, mais il intervient dans la même période de la vie du jeune.

Il n'a pas d'incidence directe sur l'éligibilité à l'AAH. Il fait néanmoins partie des démarches à anticiper au même moment, au même titre que l'inscription sur les listes électorales ou l'ouverture de droits propres à d'autres organismes.

Pour les familles suivies jusque-là par le cabinet, ce changement de statut ne modifie rien à l'accompagnement proposé : seul le dossier administratif change d'interlocuteur, pas le suivi du jeune.

Ce qu'un bilan apporte à cet âge charnière

Ce qu'il documente

À l'entrée dans l'âge adulte, un bilan psychologique ou neuropsychologique permet de réévaluer le fonctionnement du jeune : ce qui a évolué depuis un précédent bilan, ce qui reste stable, et comment ce fonctionnement se traduit concrètement dans une vie désormais plus autonome, des études poursuivies ou une insertion professionnelle envisagée.

Ce qu'il ne garantit pas

Un bilan n'ouvre aucun droit automatiquement et ne préjuge pas de la décision de la CDAPH sur l'AAH. Il vient documenter le retentissement du fonctionnement du jeune, en complément du certificat médical et du reste du dossier déposé à la MDPH.

Termes techniques

Cette page utilise plusieurs sigles administratifs. Vous pouvez en retrouver la définition dans le glossaire : AEEH, AAH, CDAPH et MDPH.

Questions fréquentes

L'AAH prend-elle automatiquement le relais de l'AEEH à 20 ans ?

Non. L'AEEH cesse le mois des 20 ans, mais l'AAH suppose une demande à part entière, déposée auprès de la MDPH, qui étudie l'éligibilité du jeune selon des critères propres à cette allocation.

Quand faut-il déposer la demande d'AAH ?

Plusieurs mois avant les 20 ans du jeune, pour tenir compte des délais d'instruction de la MDPH et éviter une rupture de versement entre la fin de l'AEEH et le début de l'AAH.

Quel taux d'incapacité faut-il pour obtenir l'AAH ?

Un taux d'au moins 80 %, ou un taux compris entre 50 % et 79 % avec une restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi reconnue pour une durée d'au moins un an, évalués par la CDAPH.

Un bilan est-il obligatoire pour cette demande ?

Non. Seul le certificat médical est obligatoire. Un bilan psychologique ou neuropsychologique reste facultatif, mais peut utilement documenter le fonctionnement du jeune à ce moment de transition.

1. caf.fr, « Le passage de l'AEEH à l'AAH », consulté le 23 septembre 2026.
2. monparcourshandicap.gouv.fr, « AAH : allocation aux adultes handicapés », consulté le 23 septembre 2026.